Episode - Saison 1

Episode 9 : Spécial Noel : Les films Die Hard avec une Yeepee Kai (Keg and Can)

Si je vous dis Yippikai, vous pensez Yippie-Ki-Yay et vous ajoutez même un petit Motherfucker ensuite. Plus bizarre ensuite, c’est l’image de Bruce Willis en marcel blanc qui vous vient. Rassurez-vous : ce n’est pas sale ! Vous vous souvenez juste des films de la saga Die Hard ou de Piège de Crystal et de ses suites, si vous êtes plutôt du côté Toubon franchouillard de la Force.

Néanmoins avant de causer de cette saga cinématographique qui fait entre 3 et 5 films selon que l’on se place du côté des syndicats ou de la police, je vais commencer par un aparté. Oui, je suis comme ça : je fais un aparté avant d’attaquer le sujet principal. Vous n’attaquez jamais les chocolats de Noël avant le 24 décembre, vous ?

Non, je voulais commencer par faire ma B.A. de fin d’année en réparant une injustice. Oui, vous entendez Yippie-Ki-Yay et vous pensez à Die Hard mais saviez-vous qu’il s’agissait d’une référence à un vieux western de 1936 en fait ? En effet, dans Rythm On The Range de Norman Taurog vous retrouvez une bande de cow-boys un peu émêchés chanter “I’m An Old Cowhand” où Bing Crosby, Louis Prima et Roy Rogers entonnent comme refrain… Yippie Yi Yo Kayah !

D’ailleurs, dans le fameux échange entre le méchant terroriste et le héros de la saga dans le premier film, il y a une référence complète à cette époque du western :

« Qui êtes-vous ? Un Américain qui a vu trop de films ? Un orphelin d’une culture morte qui se prend pour John Wayne ? Rambo ? Marshall Dillon ?

— J’ai toujours eu un faible pour Roy Rogers. J’adore les chemises pailletées.

— Croyez-vous avoir une chance contre nous, monsieur le cow-boy ?

— Yeepee-kaï-yay, pauvre con ! » 

Ainsi, quand vous entendrez à nouveau ce fameux “Yeepee Kai Yay”, vous ne penserez plus qu’à un gars en marcel… mais à un mec en marcel avec un chapeau de cow-boy !

 

 

DIE HARD 1 : PIEGE DE CRISTAL (1988)

Il est néanmoins temps d’attaquer le “dur” (ce n’est pas sale) avec le premier film de cette saga : PIEGE DE CRYSTAL ! On y fait connaissance avec John McLane, flic new-yorkais de son état, qui rentre à Los Angeles rejoindre sa femme pour fêter Noël… Sauf que sa femme fait partie d’un groupe de personnes prises en otage au sein du Nakatomi Plaza par un terroriste allemand nommé Hans Gruber. Et ce flic va s’attaquer au problème pour sauver sa femme qui assistait juste à la soirée de Noël de son boulot et qui n’en demandait pas tant ! En résumé du résumé, Die Hard c’est à la base le même pitch que Mario Bros : le gars lambda qui s’attaque au château pour sauver sa princesse.

Réalisé par John McTiernan en 1988 qui sort à peine de Predator et qui réalisera plus tard le 3e opus Une Journée en Enfer (mais d’autres films coolos comme Last Action Hero et mon chouchou Le 13e Guerrier), on est quand même dans le prototype du genre “actioner” qui inondera les années 80-90 et qui irriguera jusqu’à de nos jours notamment avec les films de Dwayne Johnson. Je pense notamment à Skyscraper où ce dernier… doit sauver sa femme (jouée par Neve Campbell) dans un gratte-ciel attaqué par des criminels. Un petit air de déjà-vu, n’est-ce pas !

Mais ce premier Die Hard c’est surtout la révélation au grand public de l’interprète de John McLane en la personne de Bruce Willis. Il n’est bien sûr pas un total inconnu en 1988 car il joue depuis 1985 au côté de Cybil Sheperd dans la série Clair De Lune mais c’est la première fois qu’il se révèle au cinoche (oui, je dis cinoche comme au temps des frères Lumière et je vous emmerde !). Son ton oscillant entre le sérieux et les répliques bien senties assez humoristiques caractérisent bien le style du personnage.

 

 

Il est opposé au grand méchant Hans Gruber, joué par le regretté Alan Rickman, avec un certain charme et flegme pour un personnage censé être allemand. Je n’ai pas vu de claquettes-chaussettes à l’écran malgré quelques visionnages ! Blague à part, dans toutes les bonnes histoires il faut un bon méchant et celui là est assez iconique dans le genre.

Je voudrai juste ajouter à ce petit passage sur le casting pour rendre hommage au fidèle second rôle des années 80 : Reginald VelJohnson. Qu’il soit Al Powell le seul flic à appuyer à distance John McLane, un chauffeur de limousine dans Crocodile Dundee, un gardien de prison dans Ghostbusters ou enfin un flic également dans Turner & Hooch, il a “occupé le terrain” dans les années 80 au ciné avant de devenir un policier père de famille à la télévision dans La Vie de Famille sur CBS pendant 9 ans. Je l’ai revu récemment dans la série Disney+ Turner & Hooch où il reprend son rôle du film et quelques années auparavant il avait également son rôle d’Al Powell pour la série Chuck (désormais sur Prime Video à l’heure où l’on enregistre).

 

 

DIE HARD 2 : 58 MINUTES POUR VIVRE (1990)

Alors je me choppe le mal aimé de la série parce qu’on a fait un tirage à la courte paille truqué …
A la réalisation plus John McTiernan mais Renny Harlin à qui l’ont doit Cliffhanger ‘93; Au revoir à jamais (‘96  Geena Davis / Samuel) et Le remake de l’Exorciste ‘04 (nominé pour la razzy award du pire directeur) et de nombreux autres méfaits …

Avec un budget de 62-70M$ (40M$ originellement) le film toujours produit par Joel Silver (Matrix) qui a dépensé tel John Hammond est en 1990 celui au coût de production le plus élevé

Le titre officiel à la sortie est Die Hard 2 mais à cette époque où je n’utilisais pas encore de canne pour marcher, il y avait des “taglines” sur les affiches (dans l’espace personne ne vous entendra crier …) raison pour laquelle sur les éditions récentes le film a été renommé Die Hard 2 : Die Harder

Le scénario est adapté d’une nouvelle de Walter Wager 58 minutes (sans doute ce qui a inspiré le titre français)

On retrouve notre bô John encore une fois à la période de Noël, qui vient chercher sa femme qui arrive de L.A. à l’aéroport de Dulles à l’ouest de Washington D.C.

Le schéma narratif est très ressemblant au premier : il rejoint sa femme pour Noël et ça part en sucette…


On a encore une fois le flic qui refuse de l’écouter Carmine Lorenzo (Dennis Franz Hill Street Blues Det. Sal benedetto 5ep ‘83 puis Lt Norman Buntz 44ep ‘85-’87 et NYPD Blue Andy Sipowicz ‘93-’05  261ep) 
Et un sidekick qui l’aide Marvin (Tom Bower) …
On a aussi deux petites scènes cadeau avec Al Powell
Cette fois-ci les terroristes Colonel Stuart  (William Sadler prsdt USA dans MCU / La mort dans Bill & Ted) on notera John Leguizamo et Robert “T1000” Patrick parmis les soldats veulent détourner un avion pour faire  s’échapper un dictacteur / baron de la drogue Général Ramon Esperanza (Franco Nero aussi manager de l’hôtel continental à Rome dans John Wick 2)

On a même le droit à une balade dans les conduits d’aération non sans noter qu’il a déjà fait ça à Noël et que tous ses noëls se ressemblent. Une manière de se dédouaner de refaire ce qui à marché dans le premier ?… 

Phénomène relativement rare le 2 a rapporté plus que son prédécesseur – 240M$ (domestique + international 50/50)

Bref, sans avoir la fraîcheur du premier, on retrouve un bon film de Noël, de belles scènes d’actions de l’humour et un happy end

Loin d’être un enfer à regarder !

 

 

DIE HARD 3 : UNE JOURNEE EN ENFER (1995)

A l’instar d’une journée de pluie à Marseille un jour de match de l’OM quand les tunnels routiers de la ville sont fermés, on va causer d’UNE JOURNEE EN ENFER maintenant.

UNE JOURNEE EN ENFER, ou Die Hard With a Vengeance dans la langue de Shakespeare, démarre à New York en 1995 avec un attentat où un grand magasin du centre-ville explose en pleine journée. Cet attentat est revendiqué auprès de la police par un certain Simon qui réclame aux autorités pour ne pas réitérer que John McLane, depuis séparé de Holly et assez porté sur la boisson, se rende à Harlem… avec une pancarte sur le dos avec des inscriptions qui ne laisseront pas indifférente la population de ce quartier. Ce qui vaudra à McLane d’être aidé par un commerçant du coin, Zeus Carver, qui va se retrouver embrigadé dans une course contre la montre avec ce fameux John.

Pour tout dire, le script de départ n’était pas spécialement prévu pour John McLane et la franchise Die Hard mais Jonathan Hensleigh l’avait écrit pour un film d’action avec Brandon Lee (malheureusement décédé sur le tournage de The Crow en 1993), avant qu’il ne soit ensuite envisagé comme un potentiel scénario pour L’Arme Fatale 4. Mais c’est finalement sur Die Hard 3 qu’a atterri ce concept de “Jacques a dit” terroriste…

L’ajout majeur à ce film consiste en l’apport du “sidekick” civil et caractériel Zeus Carver interprété par Samuel L. Jackson (bien avant qu’il ne soit Nick Fury pour le MCU et juste après le succès de Pulp Fiction en 1994) et dans le méchant interprété par le toujours brillant Jeremy Irons. Il faut néanmoins savoir que le rôle de Zeus était d’abord prévu pour Laurence Fishburne (Morpheus dans Matrix). Il doit encore en vouloir à son agent de l’époque : il a d’abord refusé de jouer dans Pulp Fiction et pendant les négociations pour Die Hard 3, alors qu’il avait refusé le rôle pour demander un cachet plus élevé, Pulp Fiction avec Samuel L. Jackson (et Bruce Willis) était présenté à Cannes. Et son agent a amené ainsi Samuel L. Jackson à obtenir le rôle !

Au niveau box-office mondial, cet opus sera le plus gros succès de 1995 tout juste devant Toy Story et Apollo 13 ! Mais seulement 7e sur le marché domestique US où le premier était… Batman Forever (bon, le 5e c’était Ace Ventura et le 6e Casper…) !

 

 

DIE HARD 4 : RETOUR EN ENFER (2007)

Allez, on prend le même et on recommence, et cette fois-ci avec une calvitie troquée au profit d’un bon crâne chauve des familles! 

Sorti en 2007, soit 12 ans après sa dernière aventure, on retrouve ici notre bien aimé John McClane en mode boomer au milieu de terroristes hackers qui menacent tous les Etats Unis, cette fois-ci, John aura sauvé un immeuble, un aéroport, une ville, et maintenant au tour du pays !

Dans ce nouvel opus, on découvre un nouveau binôme, en la personne de Justin Long qu’on a pu voir dans de nombreux films comme Jusqu’en en enfer de Sam Raimi, ou encore Alvin et les Chipmunks. Retour aux buddy movie, ici, les producteurs essaient de recréer l’alchimie Zeus / McLane du précédent épisode. 

En grand méchant on retrouve un Timothy Olyphant en grande forme (Hitman, Deadwood) accompagné de ses sbires en la personne de Maggie Q (Designated survivor) ou encore Cyril Raffaelli, le frenchy du groupe aperçu dans bons nombre de films en tant que cascadeur et comme acteur dans Banlieu 13. 

Parmi les alliés de John on retrouve un détective campé par Cliff Curtis aperçu dans de très nombreux films en tant que second rôle (Training day, à tombeau ouvert, 6 jours 7 nuits ou récemment Fear the walking dead), puis l’inégalable Kevin Smith (grand réalisateur, scénariste, bref un univers à part qu’il serait trop long de vous décrire sans épisode entier sur lui) et enfin, dans le rôle de la fille de John, l’excellente Mary Elizabeth Winstead (Boulevard de la mort, Scott Pilgrim ou tout récemment Kate sur Netflix). 

Pour l’anecdote, on a échappé à Britney Spears et Jessica Simpson dans le rôle de Lucy McLane qui ont aussi auditionné !

Le film est réalisé par Len Wiseman, qui joue un caméo de pilote de F22 dans le film, il est surtout connu pour la saga Underworld dont il est réalisateur et producteur. 

On aura mis longtemps à voir cette suite, dès la fin des années 90 un scénario sort, dans lequel notre héros se retrouve embarqué en pleine jungle amazonienne avec des flics et des soldats (comment?), mais l’idée un peu trop tirée par les cheveux (sans dec), sera remaniée pour devenir au final le drame Les larmes du soleil, avec notre Bruce international aux côté de Monica Bellucci. 

Le film sera déjà scénarisé dès 2001, un attentat de cyberterroristes en est le principal enjeu, mais le 11 septembre mettra un coup d’arrêt au développement avant de revenir en 2007. 

Le film aura un succès finalement assez positif, bien que n’ayant pas l’aura des 3 précédents, enfin même le 1er et le 3ème (n’est pas Mctiernan qui veut), le score reste honorablement au dessus de la moyenne et à cela il y a quelques explications. 

Les scènes d’actions sont assez dingue, surtout au début du film, on retrouve notre héros faisant des blagues et dégommant du méchant avec malice, puis on retrouve un duo assez amusant avec Justin Long en petit hacker peureux protégé par notre Jojo national. Les cascades sont assez bien faîtes, et l’humour permet de détendre la capillotractation de certaines scènes, mais ce qui pêche surtout pour moi c’est le final. 

Notre antagoniste manque de charisme, on ne le sent pas vraiment menaçant pour un sou, ses sbires restent relativement fades et les cascades avec l’avion et le camion deviennent trop ridicules. 

Bref, de mon avis, un film qui sur les ⅔ parvient à nous faire retrouver une sorte de nostalgie, mais sur la fin, on y perd beaucoup, avec la fille de John qui ne sert vraiment pas à grand chose. On aurait aimé une scène finale plus épique comme celles des précédents opus, un John qui se bat contre ses ennemis à la fin et pas contre un jet militaire, et puis surtout un méchant charismatique bordel! On veut du Gruber! 

Bref, un Die Hard moyen, regardable, avec de bonnes idées mais c’est un peu bâclé sur la fin, enfin selon moi, mais là, c’est pire avec ce qui nous attend 6 ans plus tard….

 

 

DIE HARD 5 : BELLE JOURNEE POUR MOURIR (2013)

Alors là, j’ai même plus les mots…. Si Justin Long était un sidekick amusant et attachant, ici John fais équipe avec son fils, campé par le bovin Jai Courtney qu’on a pu voir dans Suicide Squad ou encore le raté Terminator Genysis (quelle horreur). 

Ici John doit donc aller en Russie sauver son fils qui s’avère à sa grande surprise être un agent de la CIA. Celui-ci devra donc entrer en cavale face aux autorités mais aussi à des méchants terroristes russes qui veulent faire joujou avec le nucléaire de Tchernobyl pour faire la nique à la paix mondiale (quelle paix mondiale, ca je sais pas). 

Réalisé par John Moore, le film est une véritable merde infâme. Je ne m’attarde pas sur les autres personnages du film, on les connaît pas et ils sont ridicules (le méchant avec une carotte est atroce de malaisance). 

Au départ, des rumeurs circulaient pour un crossover avec la série 24 heures chrono avec Kiefer Sutherland, mais rien ne fut jamais confirmé. 

Ici, peu de chance de trop s’y attarder, mais le film est affligeant de niaiserie. John McClane est passé du flic héros, au boomer un peu fatigué mais attachant dans le 4 pour devenir un sale con qui répète sans cesse qu’il est en vacances (non mec tu viens libérer ton fils l’oublie pas). 

Le son est débile, sorti des vieux Bud Spencer et Terence Hill dans les échanges de coups. 

Les scènes d’actions sont ridicules, la course poursuite dans les rues de Moscou sont illisibles en terme de géographie, on capte littéralement sans connaître la ville que le camion fait des aller/retours pendant que McLane conduit d’abord un camion ridicule avant de finir par détruire tout sur son passage dans une publicité bien explicite pour les 4×4 Mercedes.

La fusillade dans l’hôtel en rénovation est débile à souhait avec des cascades encore plus téléphonées que dans le 4 (les mecs descendent d’un échafaudage comme des merdes et sortent indemnes). Ils prennent la voiture et font Moscou / Pripyat en genre 2h alors que d’une part c’est en Ukraine, pas en Russie, et d’autre part, la ville est à 1000km au Sud, soit 12h30 de route dixit Google Maps. 

Et alors la fin, le twist merdique qu’on a tous vu venir avant de lancer le film, et la scène de chute dans la piscine en mode stylé mais ridicule avec une caméra qui suit les “héros” descendre les baies vitrées une à une. 

Un final débile où les McLane sont donc passablement irradiés (genre l’eau de la piscine?) mais font des gros hugs avec Mary Elizabeth Winstead revenue faire un caméo à la toute fin. 

Bref, un film merdique, au son et à la photo pourrie, et une réalisation atroce, je sais pas vous, mais j’ai vomi dans ma bouche quand j’ai vu ce film.. 

Avant de passer à la suite, je tiens quand même à rétablir la vérité. DIE HARD ce n’est qu’une trilogie. Et c’est tout ! D’ailleurs en 1996 sortira le jeu que j’aurai sans doute le plus poncé sur Playstation après Soul Blade : Die Hard Trilogy ! Le jeu était scindé en 3 parties adaptant chacune l’un des 3 films sortis alors : le 1er version Tomb Raider-like, le 2nd en shooter entre le Doom-like et Virtua Cop et enfin le dernier en course de bagnole en taxi jaune… Et comme il n’y a jamais eu de Die Hard Pentalogy de sorti, c’est bien la preuve que la saga DIE HARD ne comporte vraiment que 3 films… A bon entendeur !

 

 

Pour aller plus loin

 

Découvrir Keg and Can : Merci encore à Seb pour son accueil! 🙂

Keg & Can : le nouveau brewpub marseillais!

 

Greg The Beer Lantern
Marseillais amateur de bières, je vais vous faire découvrir cette boisson à travers son histoire, des dossiers, de l'actu et enfin des tests de bières diverses et variées! https://thebeerlantern.com
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