Episode - Saison 1

Episode 12 – Le gendarme de St Tropez et la Trop’ (Carteron)

 

Au menu aujourd’hui, avec une thématique liée aux Gendarmes, à Saint Tropez, on aurait pu évoquer…

  • TAXI : car des flics dans le sud de la France, on aurait été dans le thème non ?
  • LES SOUS-DOUES EN VACANCES : car tout le monde se souvient des vacances à St Tropez de ces cancres, et surtout parce que je suis fan de Guy Marchand et de sa chanson dans le film, Destinée…

Mais au final ce qui sera au menu ce soir, c’est : LE GENDARME DE ST TROPEZ !

 

 

Gros plan sur Carteron

J’ai eu l’occasion de voir cette brasserie cet été grâce à l’invitation de Thomas Carteron, fondateur de la brasserie. Je dois vous avouer, au début j’avais des à priori sur le fait que ce soit une brasserie indépendante à force de la voir en supermarché, je me demandais si c’était pas du craftwashing, un phénomène qu’on va aborder en détail dans ma seconde intervention. 

Je me retrouve dans une petite zone industrielle, plusieurs sociétés sont voisines de l’endroit, et là je vois discrètement le logo de la brasserie et Thomas qui sort m’accueillir et me fait rentrer dans sa brasserie. Et là je vous le confirme, c’est bien une brasserie artisanale! On est sur une salle de brassage et fermentation de 2000 hl et il y a encore la place pour doubler la production demain si besoin! 

Ce qui saute aux yeux en premier en fait c’est l’organisation des lieux. Tout est bien pensé, bien aménagé, ergonomique bref on voit qu’on a affaire à quelqu’un qui n’est pas comme d’autres brasseurs en freestyle sur son matos et son orga. Car oui, j’en citerais pas, mais on a des brasseries ou tout est à la ouanagaine, mais ça fonctionne aussi! Mais ca peut aussi donner lieu à des soucis de régularité de qualité et avec Thomas ce n’est pas du tout envisageable et on va y revenir!

Pour la petite histoire, Thomas vient du milieu du vin, quelque chose de souvent récurrent dans la bière, la reconversion depuis le vin pour aller dans la bière. On le voit avec beaucoup de monde de la bière qui quittent en partie ou en totalité l’univers viticole pour l’univers brassicole. On peut citer Simon de Ammonite, Sylvain des Maltfaiteurs, Carol Ann de Hoppy Hours et bien d’autres. La brasserie est née en 2013, après une réflexion de Thomas et un ami sur la bière, une phrase toute bête “et si tu faisais une bière?” Et bien voilà, peu de temps après quelques expérimentations, Thomas se lance, tout en gardant un pied dans le milieu du vin. Au début il fait du gypsy à la brasserie du Mont Blanc, avant de s’installer dans un petit local à la Londe des Maures, jusqu’en 2016 où le succès fera que la brasserie devra déménager pour aller sur Hyeres. 

 

 

Thomas a une gamme de bière assez classique au départ, mais il tourne, au moment de ma visite sur 17 recettes, qu’il avait pour ambition de diviser par deux pour se focaliser sur les plus demandées. Le matériel, hormis les cuves, est français, de même que ses ingrédients et les drêches sont recyclés. Il a également décidé d’ouvrir sa brasserie a des travailleurs handicapés tout en créant un espace de production accessible à ceux-ci, rendant sa brasserie inclusive au maximum. 

Comme je le disais, sa gamme se vend peu en cave traditionnelle, mais il se vend en GMS, dans des restaurants, boutiques souvenirs etc… avec une communication propre et relativement lisse, il a su séduire un public très large et parvenir à fournir de nombreux fournisseurs avec une belle constante de qualité à chaque fois. 

La gamme est déclinée en 3 marques, la Trop’, la plus connue, la P47 une bière brassée à l’eau de source de la vierge de la ville de Hyères dont il a obtenu l’autorisation d’exploitation, et enfin des hard seltzer en 3 versions différentes. Sur ses 17 recettes on retrouve les classiques mais aussi des déclinaisons de Stout, des bières de Noel etc… et je peux vous dire que Thomas a été généreux avec nous! 

Alors avant de vous parler de craftwashing, on va parler du gendarme favori des français, CRUCHOT! 

 

 

Plat du jour : Le gendarme de St Tropez! 

Toute cette histoire démarre en noir et blanc dans les Hautes-Alpes où le gendarme nommé Ludovic Cruchot fait du zèle chassant pêcheurs de trop petits poissons et autres voleurs de poules avant de recevoir un télégramme le mutant à St Tropez avec une montée en grade. Le caractère autoritaire et lèche-bottes de Cruchot va dénoter avec celui des membres de la Gendarmerie de St Tropez où le soleil, les petits arrangements, la sieste et le pastis ont transformé leur vie en gentille colonie de vacances. Néanmoins à nouvelle vie, nouveaux défis pour Cruchot comme faire la chasse aux nudistes et surtout tenter (sans succès) de garder sa fille Nicole de la “mauvaise” influence des jeunes de la ville à la mode. Un peu à la manière d’un épisode d’Inspecteur Gadget, cela n’empêchera pas cette compagnie de pacotille de néanmoins réussir une vraie bonne prise avant la fin du film.

A l’origine de ce film, il y a une mésaventure qui est arrivée à l’attaché de presse Richard Balducci : en repérage dans le Var, il se fait voler sa caméra dans sa bagnole et va porter plainte à la Gendarmerie de St Tropez où il se retrouve face à un brigadier extrêmement je-m’en-foutiste. De retour à Paris, il raconte cela à un réalisateur pour qui il avait été attaché de presse auparavant, Jean Girault (A-U-L-T à la fin, à ne pas confondre évidemment avec Jean Giraud A-U-D alias Moebius, dessinateur de BD très connu qui a bossé sur Métal Hurlant, Blueberry, l’Incal et le storyboard du film avorté de Dune de Jodorowski – allez écouter notre épisode sur Dune si ce n’est déjà fait !). Bref, il en parle à Jean Girault qui avait plutôt bossé à l’époque avec Darry Cowl et sortait de 2 films avec Louis de Funès (Pouic Pouic et Faites sauter la Banque), et qui trouve l’idée de faire un film sur cette brigade de Gendarmerie plutôt amusante.

Le seul hic c’est qu’à l’époque ni Jean Girault, ni De Funès ne sont vraiment bankable. Et le projet essuie de nombreux refus avant que Jean Girault ne trouve des producteurs intéressés par l’idée. Et comme le nom de Louis De Funès n’attire pas encore le public, le projet est d’abord proposé à Darry Cowl (surtout connu pour notre génération de trentenaires / quarantenaires pour la série Palace ou des comédies de 3e zone du style Mon Curé chez les Thailandaises) et à Francis Blanche (surtout réputé pour avoir lancé en France à la radio l’idée des canulars téléphoniques et que l’on a pu voir dans Les Tontons Flingueurs). Les deux déclinent l’offre et Jean Girault négocie le rôle pour De Funès moyennant un budget réduit pour le long-métrage.

 

 

Louis De Funès, pour nos auditeurs plus jeunes, c’est l’acteur de comédie française par excellence qui a officié principalement sur 3 décennies des années 60 aux années 80 et dont les films ont été multirediffusés à la télévision. Par ailleurs, certains font encore parti à ce jour du top du Box-Office français EVER avec par exemple La Grande Vadrouille (encore 5e à ce jour avec 17 millions d’entrées) ou Le Corniaud (21e avec 11 millions). Le Gendarme de St Tropez fait d’ailleurs parti de ce top des entrées des salles obscures en France à la 62e place avec 7,8 millions de tickets vendus (devant un La Reine des Neiges 2 ou Avengers Endgame par exemple). Il est notamment mémorable pour son visage et ses mimiques et bruitages reconnaissables entre mille ! Et Le Gendarme de St Tropez sera donc son premier gros succès public.

Face à lui, la gendarmerie sera également remplie d’acteurs qui auront marqué la comédie en France pour le meilleur et pour le pire. Le supérieur de Cruchot est interprété par Michel Galabru (suite au refus de Pierre Mondy pour des raisons d’agenda). A l’époque, ce formidable comédien de théâtre a été aperçu dans quelques films dont La Cuisine au Beurre avec Bourvil et Fernandel ou Le Bon Roi Dagobert toujours avec Fernandel. Recruté comme le reste des gendarmes pour être un faire-valoir à De Funès, le succès du Gendarme lui ouvrira la voie à une belle carrière avec des participations à de nombreux succès comme La Cage aux Folles, Les Sous-Doués, Papy Fait de la Résistance ou encore Astérix et Obélix contre César.

Autre “gueule” de comédie mais à la filmographie moins reluisante : Jean Lefebvre joue “l’Averell” de la bande comme dans les Daltons de Lucky Luke. Son personnage est le seul célibataire, le souffre-douleur et il faut l’avouer le moins malin. L’acteur au visage un peu “Droopy franchouillard” a connu le succès dans Les Tontons Flingueurs et dans la série de films de La 7e Compagnie mais le reste de sa filmographie sera composée de rôles tertiaires et de films peu glorieux avec parfois des titres à rallonge. Comme un rôle d’électricien dans Le Magnifique avec Belmondo ou sa participation à La situation est grave mais pas désespérée, Ce n’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule, Ils sont fous ces sorciers de Georges Lautner ou encore On n’est pas sortis de l’auberge de Max Pécas…

 

 

Ensuite, on a droit au duo comique de Grosso et Modo, plutôt comiques de l’époque qui faisaient des sketchs, participaient à des émissions télévisées, etc. Et dont la filmographie n’est pas hyper mémorable, à part des apparitions dans les films où Jean Girault et / ou Louis de Funès étaient impliqués. A part ceux-ci, on notera néanmoins des participations à des séries connues de l’époque comme Maigret ou Les Brigades du Tigre. Ou encore plus récemment, Vivement Lundi avec Bernard Ménez ! Oui, on a causé de Vivement Lundi dans ce podcast. Il n’y a pas que Maguy qui a droit à nos hommages ! Michel Modo, le Modo de Grosso et Modo, aura quand même une meilleure carrière avec la particularité de jouer Maurice, un français moyen récurrent de la série Highlander avec Adrian Paul et surtout de doubler jusqu’à sa mort pendant 19 saisons des personnages majeurs des Simpson ! Comme M. Burns, le principal Skinner ou encore le chef de la police Clancy Wiggum.

Enfin, dernier larron de ce casting pour le moins improbable, Christian Marin. Acteur de théâtre et avec de nombreuses apparitions télévisuelles depuis à son actif, il est surtout connu pour son rôle dans la série télé adaptée de la bande dessinée Tanguy et Laverdure appelée Les Chevaliers du Ciel sur le petit écran. Il y interprète Ernest Laverdure l’un des deux aviateurs dans ce feuilleton de 39 épisodes. Et vu que je manque de choses à dire sur lui je vais quand même faire remarquer qu’il a donné son nom à un boulodrome dans une ville de Moselle.

Je ne saurai être complet sans parler des suites à ce film que sont :

  • Le Gendarme à New York (1965) avec le même casting y compris la fille et la religieuse – l’équipe est partie sur le paquebot Le France, succès 5 millions d’entrées.
  • Une suite méconnue Le Gendarme de Bethléem (1965 – E1)
  • Le Gendarme se Marie (1968) avec Claude Gensac dans le rôle de l’épouse de Cruchot (l’actrice était déjà apparue comme épouse de personnages de De Funès dans Oscar et dans Les Grandes Vacances) et tout le casting originel.
    On baisse fortement en qualité avec les opus suivants limite nanar…
  • Le Gendarme en Balade (1970) où la compagnie est mise à la retraite et remplacée par des jeunes. Echec critique et dernier opus avec l’équipe originelle car Jean Lefebvre et Christian Marin ne rempileront pas.
  • Le Gendarme et les Extraterrestres (1979) où Maurice Rich et Jean Pierre Rampal deviennent remplacent Lefebvre et Marin et où Claude Gensac est également remplacée par Maria Mauban. Cet opus rencontre un succès public en France mais aussi en Allemagne car il est resté de 1979 à 2012 le film français le plus vu outre-Rhin (détrôné par I). L’incursion de la SF est amusante comme la 1e apparition du comédien LW.
  • Pour le dernier film de la saga, les scénaristes bossaient au départ sur une revanche des extraterrestres mais vu que De Funès joua en 1981 dans La Soupe Aux Choux, l’équipe opta pour l’actualité avec Le Gendarme et les Gendarmettes (1982). Le tournage sera entaché outre par un sexisme d’époque évident, par le décès du réalisateur Jean Girault. 

La saga s’arrêtera là notamment avec le décès de Louis De Funès en 1983.

 

 

 

Greg The Beer Lantern
Marseillais amateur de bières, je vais vous faire découvrir cette boisson à travers son histoire, des dossiers, de l'actu et enfin des tests de bières diverses et variées! https://thebeerlantern.com
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